Bienvenue sur ce site, dédié au village de Coursegoules, son Histoire et celle de ses habitants.
Il est destiné à enrichir les informations et illustrations contenues dans les ouvrages "Coursegoules, Histoire et histoires" (Éditions Serre, 2021) et "Coursegoules, le temps des veillées" (Éditions Serre, 1983) des mêmes auteurs.
Bonne promenade, et n'hésitez pas à nous contacter si vous le souhaitez (contacter@coursegoules-histoires.fr).

Contes et anecdotes
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Une belle histoire...
Retrouvailles à Coursegoules de deux cousines après deux générations
En bref
Deux cousines, séparées par deux générations, se retrouvent grâce au site coursegoules‑histoires.fr. Une aquarelle, une carte postale ancienne, quelques archives familiales… et une lignée se réveille, reliant trois familles du village autour d’une histoire qui n’attendait qu’à être redécouverte.

À Coursegoules, une simple recherche généalogique a ravivé un lien familial oublié depuis plus de soixante ans. Deux cousines issues de germain, Muriel Cintré née Leitzélément et Lucette Benoit, longtemps séparées par le silence des générations, ont été réunies grâce au site consacré à l’histoire du village.
Quand une aquarelle ouvre la porte du passé
En explorant ses archives familiales, Muriel Cintré découvre le site Coursegoules, histoire et histoires. Touchée par les documents présentés, elle transmet aux responsables du site deux aquarelles réalisées par son père : la porte fortifiée de l’Est et la chapelle Saint‑Jean, œuvres qui avaient toujours accompagné la vie familiale, posées sur le piano du salon. Dans ses papiers, elle retrouve également une carte postale ancienne du lavoir du Plan, représentant une bugadière : son arrière‑grand‑mère Marie Euzière, épouse de Justin Leitzélément.

Une lignée retrouvée grâce au site
Le patronyme Leitzélément, bien connu à Coursegoules, attire l’attention des responsables du site. La correspondance entre les archives familiales et les lignées du village permet d’établir un lien direct avec une branche évoquée dans le livre « Coursegoules, Histoire, histoires », notamment celle d’une institutrice de Saint‑Barnabé issue de cette même lignée. La mise en relation se fait naturellement. Après deux générations de silence, les deux cousines se retrouvent au village et parcourent ensemble les rues, renouant un fil familial que le temps avait effacé.

Des cartes postales qui parlent encore
Les recherches se poursuivent et révèlent plusieurs cartes postales anciennes, dont une inédite de 1912, écrite par Joséphine Clavel, filleule de la famille, dont les descendants vivent encore aujourd’hui à Coursegoules. Une autre carte, signée M. Revello — créateur du premier restaurant du village — met en lumière un lien avec l’actuel maire, Dominique Trabaud. Au fil des découvertes, trois familles du village se trouvent reconnectées, et les liens communs de leur histoire ressurgissent comme autant de points d’ancrage d’une mémoire partagée.



Carte écrite en 1912
Carte envoyée en 1912
Carte envoyée en 1931
Et pourquoi pas vous ?
Si vous recherchez de la famille ou des amis à Coursegoules, ce site — complément des ouvrages Coursegoules, Histoire et histoires (2021) et Coursegoules, le temps des veillées (1983) — est aussi le vôtre.
Photos, aquarelles, peintures, cartes postales anciennes : tout ce qui raconte notre pays est bienvenu pour partager l’amour de notre pays.
Vous pouvez nous envoyer vos propositions à : contacter@coursegoules-histoires.fr

La porte de l'Est, par Georges Leitzélément
La chapelle Saint-Jean, par Georges Leitzélément

La guerre des cloches
histoire vraie (ou presque)
Si vous n’avez pas eu la chance d’avoir Alphonsine comme arrière‑grand‑tante institutrice au village - une femme qui savait tout, parlait même anglais, et dont la parole faisait foi - vous ne pouvez pas connaître l’histoire de l’heure à Coursegoules. Son père, Célestin Clavel, maire du village, louait, pour compte de sacristie, un appartement au curé sur la place du Tilleul, là où se dressent aujourd’hui les gîtes municipaux. Avec une moitié de la famille à la messe, l’autre au « cercle », vous imaginez bien que rien n’échappait à personne. Bref : si vous n’avez pas grandi « ici », laissez‑moi vous raconter.
Depuis le Moyen Âge, époque bénie où l’on savait vivre sans montre et sans portable, l’heure se réglait sur le soleil, les récoltes et la cloche. L’angélus sonnait, les vêpres répondaient, et tout le monde savait à peu près où il en était de sa journée. Les mois eux‑mêmes se lisaient dans les saints du calendrier, et le curé, en vous inscrivant sur ses registres, décidait officiellement de votre naissance : jour, mois, année. Si vous étiez né la veille ou le lendemain, personne n’allait chipoter. Le curé, le seul à savoir lire et écrire, l’avait noté.
Puis, avec les siècles, vint le progrès. On décida qu’il fallait être précis, moderne, presque citadin. On équipa en 1715 le nouveau clocher d’une cloche qui, en plus d’appeler à la messe ou de sonner le glas, devait donner l’heure. Une vraie heure, qui ne se discute pas. Le sacristain, promu gardien du temps, prenait son rôle très au sérieux : il annonçait l’heure comme d’autres annoncent la défaite de Sedan*. Et tout le monde hochait la tête, satisfait, convaincu que désormais, à Coursegoules, on vivait « à la minute près ».
Du moins… c’est ce qu’on croyait...


Les pénitents blancs**, confrérie caritative avant l’heure ouverte à la modernité (ils acceptèrent même que des femmes devinssent pénitentes, pourvu que ce fût dans une congrégation à part) se prirent à « rougner » que l’heure fût réservée aux prêtres depuis les siècles des siècles. Contre leur chapelle, (construite en 1677 sur l’emplacement de l’ancien château, juste après l’agrandissement de l’église en 1658) siège de la congrégation, ils décidèrent d’ériger une tour, accolée au bâtiment, coiffée d’un campanile, avec une cloche et un cadran, avec de grandes aiguilles de fer, sur la façade. Enfin, l’heure allait pouvoir, avec la modernité, devenir laïque. Il y avait bien jusqu’alors une petite cloche au‑dessus de l’entrée de la chapelle, mais uniquement destinée à appeler aux réunions : elle ne pouvait rivaliser avec le clocher de l’église, situé à moins de cent mètres.
Ce fut chose faite grâce à quelques subventions et à des « quêtes » laïques dans le village. En 1848, en chapardant quelques pierres du chantier du pont pour construire la base, et avec de bons maçons, on édifia donc cette tour‑clocher contre la chapelle. On y installa une machinerie actionnée par de lourds contrepoids en pierre, qui faisait tourner les aiguilles de l’horloge de façade et frappait un marteau sur la cloche du campanile, tout en haut de la tour.
On inaugura l’ensemble sur le coup de midi, en écoutant les douze coups sonner.
Mais le curé n’entendit pas raisonner le progrès d’une bonne oreille.
Dès le lendemain, le sacristain fit sonner son carillon en anticipant de cinq minutes sur l’heure laïque. Le clocher laïque de la chapelle des Pénitents ne devint qu’un rappel, un faire‑valoir. Les pénitents durent faire venir un horloger depuis Grasse pour régler le mécanisme — encore cinq minutes plus tôt. Cela prit un « certain temps ». Le curé se frottait déjà les mains de sa belle initiative.
Mais l’horloger, venu de la ville, proposa mieux : faire sonner deux fois le campanile laïc chaque heure, à cinq minutes d’intervalle. Proposition acceptée à l’unanimité. Le sacristain, qui maniait la corde des cloches de l’église, anticipa une fois de plus… et on ne sut bientôt plus, dans le village, sur quelle heure compter ni à quel saint se vouer.
Les habitants mangeaient de plus en plus tôt, et les clients de l’hôtel chic du village se plaignirent que le repas serait bientôt servi juste après le petit déjeuner. L’affaire allait dégénérer en quasi-guerre de religion lorsque Jean (nous avons changé le prénom par respect pour sa famille, dont les descendants habitent toujours au village) prit les choses en main.
Jean venait d’être élu Prieur depuis pâques à la tête des pénitents, et son épouse dirigeait les choristes de l’église. Il désirait la paix dans le village, tout en lorgnant le poste de maire. Et il était surtout, et avant tout, président de la société de chasse.
Gros sans être gras, il portait beau. Il possédait une superbe montre gousset en or qu’il glissait dans la poche de son gilet, attachée à une chaîne du même métal, et qu’il sortait fréquemment afin qu’on puisse l’admirer.
Au bout d’un mois de cette guerre des cloches, il décréta, devant les Coursegoulois réunis sur la place de l’école :
- Pour résoudre ce conflit, il nous faut un chef, et je propose que ce soit moi. Dorénavant, tous les midis, donnés par ma montre qui donne l’heure « internationale », je tirerai un coup de fusil en l’air à midi « pétante ». Et les cloches devront s’accorder.
Au bout d’une semaine de pétarades, tout le monde s’accorda et la sérénité revint dans le village… jusqu’au milieu du XXᵉ siècle, où les touristes (les mêmes qui voulaient qu’on empêchât les coqs de chanter, les chiens d’aboyer et les ânes de braire) demandèrent qu’aucune cloche ne vienne perturber leur sommeil après 21h… mais ceci est une autre histoire.
* voir dans Coursegoules, le temps des veillées, Ed SERRE page 121
** cf. sur ce site "Des pierres et des hommes : la chapelle des Pénitents blancs"

La mort d'Albert le berger
Conte coursegoulois
Comme les feuilletons des journaux du XIXème siècle... ou comme les séries télé du XXIème siècle, voici un conte coursegoulois écrit par Alex Benvenuto, avec les illustrations originales signées Henri Capra.















