Bienvenue sur ce site, dédié au village de Coursegoules, son Histoire et celle de ses habitants.
Il est destiné à enrichir les informations et illustrations contenues dans les ouvrages "Coursegoules, Histoire et histoires" (Éditions Serre, 2021) et "Coursegoules, le temps des veillées" (Éditions Serre, 1983) des mêmes auteurs.
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Une oeuvre installée vers 1500
Daté de 1500, le retable aurait d’abord été placé dans la chapelle Saint‑Jean, à l’entrée du village, avant d’être transféré dans l’église paroissiale. La chapelle, mentionnée dans une visite pastorale de 1705, a vraisemblablement été construite au 17eme siècle, sur un édifice antérieur qui abritait le retable. Seul édifice de la commune qu'Achard mentionne comme chapelle rurale, et seule chapelle figurée sur la carte de Cassini. À cette époque, Ludovic Bréa rayonne de la Provence à la Ligurie et son œuvre se retrouve dans de nombreuses communautés. À Coursegoules, le retable accompagne les offices et les générations. Il devient un repère familier, presque identitaire.
Restauré en 1996, le retable disparaît trois ans plus tard. Le vol prive le village d’une pièce essentielle de son patrimoine. L’enquête n’aboutira jamais.
Pour éviter de laisser un vide dans la chapelle, une reproduction a été installée à l’initiative du Cercle Bréa de Nice. Elle rappelle la présence de l’original, sans en remplacer la valeur artistique ni symbolique.
Le retable de Ludovic Bréa, un trésor disparu
À Coursegoules, le souvenir reste vif. Dans la pénombre de l’église Sainte‑Marie‑Madeleine, inscrite au titre des Monuments historiques depuis le 5 février 1982, un retable attribué à Ludovic Bréa attirait autrefois tous les regards. Consacré à Saint-Jean-Baptiste, traditionnellement invoqué comme protecteur des fouont, des draia et de la pouorta* du village, il constituait l’une des œuvres majeures du patrimoine local. Volé en 1999, il n’a jamais été retrouvé.
A Coursegoules, le mystère reste entier autour d'un chef-d’œuvre envolé
Un polyptyque à six panneaux
Le retable se présentait sous la forme d’un polyptyque à six panneaux, organisé en deux registres de trois scènes chacun, encadrés par une structure en bois sculpté et doré.
Registre supérieur : trois scènes narratives
Une Annonciation en deux parties : l’ange Gabriel et la Vierge en prière, séparés par un Christ de Pitié encadré de la Vierge et de St jean évangéliste.
Registre inférieur : trois saints en pied
À gauche : un évêque bénissant, portant mitre et crosse. Selon Marcelle Baby-Pabion il s’agit de saint Gothard.
Au centre : Saint-Jean-Baptiste, figure principale du retable. Drapé d’un manteau rouge, tenant l’Agneau de Dieu dans la main gauche, posé sur un livre ou un phylactère. À l’arrière‑plan, un décor rocheux. À ses pieds, le donateur en prière, représenté plus petit selon la hiérarchie médiévale des tailles. Sa présence indique une commande privée, probablement pour la chapelle Saint‑Jean.
À droite : une sainte lectrice, identifiée par les chercheurs comme Sainte-Pétronille.
Sources
Bibliographie
- Schwok, Claire‑Lise. Ludovic Bréa 1450 –1523. Arthena, 2005.
- Achard, Claude‑François. Description historique, géographique et topographique…, Aix-en ‑Provence : Calmen, 1788.
- Marcelle Baby-Pabion, Ludovic Bréa, sa vie, son œuvre. Éd. Serre, Nice, 1991.
Archives et inventaires
- Procès‑verbal de visite pastorale de la paroisse de Coursegoules, 1705. ADAM, G 1253.
- Inventaire général – Région Provence‑Alpes‑Côte d’Azur, dossier Claudie Gontier, 1995.
- Base Palissy.
En bref
En 1999, le retable de Ludovic Bréa consacré à Saint-Jean-Baptiste disparaît sans laisser de trace, privant le village d’une pièce maîtresse de son patrimoine. Installée en 1517, l’œuvre avait traversé les siècles. Vingt‑cinq ans après, elle demeure introuvable. Que représentait exactement ce polyptyque précieux, et pourquoi sa perte résonne‑t‑elle encore aujourd’hui dans la mémoire du village.
La réplique du tryptique


Le rétable aurait d'abord été installé dans la chapelle Saint Jean-Baptiste, à l'entrée du village...
Un patrimoine rural vulnérable
La disparition du retable rappelle la fragilité du patrimoine des villages de montagne, souvent discret, parfois peu protégé. À Coursegoules, l’œuvre volée fait désormais partie de l’histoire locale. Elle symbolise à la fois la richesse d’un héritage et la nécessité de le préserver.
...avant d'être transféré dans l'église du village
* : fouont, draille, pouorta : sources, chemins pastoraux, porte du village
