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Bienvenue sur ce site, dédié au village de Coursegoules, son Histoire et celle de ses habitants.
Il est destiné à enrichir les informations et illustrations contenues dans les ouvrages "Coursegoules, Histoire et histoires" (Éditions Serre, 2021) et "Coursegoules, le temps des veillées" (Éditions Serre, 1983) des mêmes auteurs.
Bonne promenade, et n'hésitez pas à nous contacter si vous le souhaitez (contacter@coursegoules-histoires.fr).

 

Reçue à la Comédie‑Française en 1767, Marie‑Pauline Saint Val s’impose immédiatement comme l’une des plus grandes actrices de son temps. Voltaire, D’Alembert et les critiques louent son intelligence, sa voix et sa puissance dramatique.

Les témoignages de l’époque sont unanimes : les deux sœurs Saint Val atteignent un niveau de notoriété comparable à celui de Rachel, la grande tragédienne du XIXᵉ siècle, et même de Sarah Bernhardt. Une comparaison rare, qui dit tout de l’impact qu’elles ont eu sur le public et sur la scène française.

 

L’affaire du frère : un drame familial au cœur de sa carrière

 

En 1769, un événement bouleverse sa vie : leur frère Jean‑Honoré Alziary de Roquefort, officier, est accusé d’avoir tué un camarade lors d’une querelle. Arrêté, interrogé, condamné aux galères puis à la détention perpétuelle, il porte sur la famille une ombre douloureuse. Marie‑Pauline, en larmes, se présente devant la troupe, craignant d’être rejetée. Finalement, les gentilshommes de la Chambre du Roi la soutiennent : aucune faute ne peut lui être reprochée, et elle conserve sa place.

Jean‑Honoré sera plus tard réhabilité, deviendra administrateur du Var puis député extraordinaire de la Convention.

Les soeurs Saint-Val : deux coursegouloises sur les scènes de l’Europe

Au XVIIIᵉ siècle, Coursegoules est une petite ville royale active et prospère. C’est là, dans une maison bourgeoise de la rue des Tisserands — jadis attribuée à Diane de Poitiers — que naissent Marie‑Pauline (1743) et Marie‑Blanche Alziary de Roquefort (1752). Leur mère, Geneviève Gazagnaire, descend des Grimaldi d’Antibes. Leur père, Honoré Alziary, avocat et coseigneur de Roquefort, est passionné de théâtre : un goût qu’il transmet à ses filles et qui façonne leur destin.
 

 

Marie‑Pauline : la tragédienne sublime

Marie‑Blanche : la comédienne tendre et l’ermite de Saint‑Honorat

La grande querelle avec Mme Vestris

 

Sa carrière est ensuite bouleversée par une longue rivalité avec une autre actrice, Mme Vestris, protégée du duc de Duras. Pendant dix ans, la querelle enflamme Paris : cabales, lettres publiques, menaces, interventions de ministres et même de Marie‑Antoinette. En 1779, un ordre de Louis XVI l’exile hors de Paris.

 

La rencontre avec la reine Marie‑Antoinette

 

L’affaire prend une ampleur telle qu’elle devient une question d’État. Les comédiens Fleury et Lekain sollicitent l’intervention de la reine. Marie‑Antoinette, informée de l’injustice, déclare qu’« après tout, Mlle Saint Val n’est pas moins nécessaire au théâtre que Mme Vestris ». Elle obtient un adoucissement de la peine : Marie‑Pauline peut vivre où elle veut, sauf à Paris et dans sa banlieue.

 

Dix ans de triomphes en Europe

 

Commence alors une décennie de succès en province et en Europe : Aix, Marseille, Toulouse, Bruxelles, Genève… Partout, elle est acclamée comme « la première actrice de l’Europe ».

Revenue à Paris sous la Révolution, elle joue au théâtre Montansier avant de se retirer dans une maison du Palais‑Royal où elle tient salon. Elle meurt en 1830, à 86 ans.

Les sœurs Saint Val ont traversé la monarchie, la Révolution, l’Empire et la Restauration. Elles ont connu les triomphes, les cabales, les exils, les succès européens. Elles ont été les actrices préférées de Voltaire, les interprètes de Beaumarchais, les rivales de Mme Vestris.

 

Et derrière ces vies de roman, il y a toujours deux enfants de Coursegoules, nées dans une maison de la rue des Tisserands, élevées par un père amoureux du théâtre, soutenues par un frère au destin mouvementé, reçues par la reine Marie‑Antoinette, comparées à Rachel, et qui ont porté très loin le nom de leur village : jusqu’aux salons parisiens, jusqu’aux scènes d’Europe, et peut‑être même jusqu’aux pinceaux de Fragonard.

En bref

 

Deux enfants de Coursegoules ont un jour quitté leur village pour illuminer les scènes de Paris et de l’Europe. Nées dans une maison de la rue des Tisserands, élevées par un père passionné de théâtre, Marie‑Pauline et Marie‑Blanche Saint Val devinrent des actrices célébrées par Voltaire, Beaumarchais et le public de la Comédie‑Française. Leur destin, fait de triomphes, de cabales, d’exils, d’un frère au parcours mouvementé, d’une rencontre avec la reine Marie‑Antoinette, d’un lien inattendu avec Fragonard et d’une réputation comparable à celle de Rachel, appartient aujourd’hui à l’histoire du village autant qu’à celle du théâtre français.

Deux destins, un même village...

La cadette, Marie‑Blanche, débute en 1772. Voltaire la soutient, Beaumarchais lui confie le rôle de la comtesse Almaviva dans Le Mariage de Figaro. Elle lance même une mode : la « lévite Saint Val ».

 

L’île Saint‑Honorat et le lien avec Fragonard

 

Sa vie prend un tournant inattendu en 1791 : fuyant la Terreur, elle fait acheter l’île Saint‑Honorat par son frère Jean‑Honoré, désormais réhabilité. Elle s’installe dans le vieux monastère fortifié et y aménage des appartements élégants, dont la tradition locale affirme qu’ils auraient été décorés par Jean‑Honoré Fragonard, le grand peintre grassois, ami de la famille Alziary.

 

Marie‑Blanche vit près de vingt ans sur l’île, dans l’isolement, le vent et le silence, avec un métayer de Courmes pour voisin. Royaliste ardente, elle fait flotter le drapeau blanc en 1815… et reçoit un coup de canon de Sainte‑Marguerite.

 

Elle meurt en 1834, après une vie de théâtre, de fidélité et de solitude.

Marie-Blanche et son frère Jean‑Honoré Alziary de Roquefort

(Musée Grévin) 

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